La multiplication des CPTS et son impact sur le quotidien des IDEL(s)

Les communautés territoriales de santé (CPTS) doivent se multiplier dans les semaines et les mois à venir. Quel sera l’impact de ces nouvelles structures sur le quotidien des infirmières libérales et des autres professionnels de santé concernés ?

Les CPTS, une création récente appelée à se généraliser sur tout le territoire

Même si la réforme d’Agnès Buzyn, dévoilée en septembre 2018, a mis les communautés professionnelles territoriales de santé sur le devant de la scène, c’est bien la loi de modernisation du système de santé de 2016, qui a officialisé la création des CPTS. Destinées à optimiser la prise en charge des patients tout au long de leur parcours de soins, ces nouvelles communautés se sont vues, dès leur création, assignées trois objectifs principaux :

  • Faciliter l’accès aux soins,
  • S’engager dans la prévention,
  • Organiser le parcours de santé.

Par définition, ces nouvelles structures se définissent avant tout par rapport à un territoire défini, et nécessitent le rapprochement de plusieurs professionnels libéraux de santé. Il faut souligner que les établissements de santé peuvent, eux-aussi, participer à ces CPTS. Il aura donc fallu 2018, et la réforme Ma Santé 2022 pour que le gouvernement affiche des ambitions, revues à la hausse, pour ces communautés. Les infirmières libérales comme bien d’autres acteurs des soins dits de ville sont restés dubitatifs, lorsque le président de la République, Mr Macron Emmanuel, expliquait en septembre 2018 : « Je veux précisément que l’exercice isolé devienne progressivement marginal, devienne l’aberration et puisse disparaître à l’horizon de janvier 2022 ».

Vers un décloisonnement de l’activité des infirmières libérales

Depuis plus d’un an, le gouvernement incite les infirmières libérales et les autres professionnels de santé à s’investir dans ces créations de communauté. Il faut dire, que l’objectif est ambitieux puisque le cap des 1.000 CPTS est fixé pour l’année 2022.     En septembre 2019, on enregistre 400 projets de CPTS, et bien que le gouvernement souligne que l’objectif est atteignable, il ne faudra pas que la tendance s’inverse ou s’infléchisse dans les mois à venir. Une des difficultés soulevées par les infirmiers libéraux comme par les médecins réside justement dans cette communauté, qu’il n’est pas toujours possible de susciter sur certains territoires. Mais parce que le sujet est jugé prioritaire par le Ministère de la Santé, une récente loi (adoptée en juillet dernier) a facilité le financement des CPTS, afin d’en accélérer le déploiement. Le 23 octobre se réunissait la première journée de la Fédération des CPTS (CPTS) au Ministère de la Santé, qui a permis d’aborder toutes ces problématiques mais aussi de s’interroger sur les effets de ces nouvelles structures sur l’exercice des infirmières libérales et autres professionnels concernés.

Une reconnaissance des compétences de l’infirmière libérale plus visible avec les CPTS

En favorisant le rapprochement des différents professionnels concernés, les CPTS ont pour mission d’offrir un meilleur accès au système de soins en France, et pour la présidente du Syndicat National des Infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), Mme Catherine Kirnidis, cette ambition ne peut être que bénéfique pour les infirmières libérales : « On parle beaucoup de libérer du temps médical et nous, les infirmières, nous espérons, avec les CPTS, que tout ce qui relève de nos compétences va être mis en évidence. »

C’est un avis largement partagé tant dans le rang des IDEL(s) que pour ce qui concerne les orthophonistes ou encore les kinés libéraux. Avec les CPTS, les compétences de chacune de ces professions de santé doivent être valorisées, afin d’être connues et reconnues de la part des patients d’une part mais aussi des médecins d’autre part. Et dans la mesure ou les CPTS doivent s’organiser autour d’un territoire de santé défini, cette redéfinition des missions de chacun doit à terme être profitable aux patients et donc au système de santé publique dans son ensemble.

Dans quelques semaines, de nombreux projets de CPTS devraient se concrétiser, et on attend beaucoup du retour d’expériences de ces premières expérimentations. Cependant, au cours de la réunion de la FCPTS, si tous se sont accordés à se féliciter de cette volonté de valoriser les compétences et les spécificités de tous les professionnels de santé, certains ont en revanche pointé un autre écueil de ces structures, qui pourrait nuire à l’atteinte des objectifs cités précédemment. C’est ce qu’a expliqué Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) en soulignant fort justement : «  Il ne faut pas confondre la coordination clinique de proximité, qui est assurée par les soignants regroupés en équipe de soins primaires (ESP), et la coordination de parcours, qui offre une approche populationnelle, dans le cadre des CPTS. »

Expliquer le rôle et les missions de ces CPTS avant de chercher à préciser la place de chacun des professionnels de santé de ville, voilà une demande qui pourrait bien être prise en compte très rapidement, puisqu’elle devrait permettre de renforcer le rythme des projets et donc   de respecter le calendrier fixé.

Source : Albus

novembre 14, 2019

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