Assistants médicaux : le feuilleton des négociations loin d’être achevé

Par Frédéric Haroche

Les négociations sur le financement d’assistants médicaux devaient se terminer hier, mais, faute de consensus, elles seront finalement prolongées pour au moins une nouvelle séance programmée le 9 mai.

En effet, de nombreux points d’achoppement demeurent.

Plusieurs pommes de discorde

Citons en premier lieu, la volonté de l’Assurance maladie de rendre obligatoire, pour bénéficier des aides à l’embauche d’un assistant médical, la participation aux missions des CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé).

Dans une formulation quelque peu alambiquée la CNAM (Caisse nationale d’Assurance maladie) a ainsi expliqué à ses interlocuteurs : « le déploiement d’assistants médicaux permet aux médecins bénéficiaires de contribuer aux missions en faveur de l’accès aux soins qui sont confiées aux CPTS. À mesure de leur mise en œuvre progressive, les médecins bénéficiaires participeront à leurs actions ».

Les objectifs d’augmentation de patientèle fixés par l’Assurance maladie continuent eux aussi d’empêcher tout accord bien que la CNAM se soit montrée prête à certains aménagements.

Elle propose ainsi que l’aide soit intégralement versée si les praticiens atteignent au moins 75 % de l’objectif, promet qu’ils recevront 75 % du montant prévu s’ils oscillent entre 50 et 74 % de la hausse de patientèle fixée et enfin, en dessous de 50 %, les financements seront versés au prorata du pourcentage obtenu.
Enfin, alors que la CNAM a accepté la possibilité de financer un assistant pour un médecin dans les zones sous-denses, les syndicats avancent désormais la nécessité de faire bénéficier de cet aménagement les médecins dans des zones menacées de devenir désertiques « avant que la situation ne soit catastrophique dans leur zone » suggère le patron des Généralistes-CSMF, le Dr Luc Duquesnel.

C’est peut-être le SML (Syndicat des médecins libéraux) qui a le mieux résumé, dans un communiqué, la position commune des syndicats, en déclarant ne pas vouloir entraîner les médecins libéraux dans un dispositif qui « serait excessivement complexe et technocratique ; présenterait un financement à la fois insuffisant et précaire, alors que les assistants seraient recrutés en CDI ; exclurait certaines spécialités ; exclurait les médecins en secteur 2 ; imposerait des contreparties fortes conduisant à des objectifs d’accroissement de la patientèle trop ambitieux ; hypothèquerait le devenir de l’actuel forfait structure »…

Affaire à suivre !

JIM

avril 19, 2019

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